Vénérable Tulku Dorje

Maître spirituel


Dans la tradition, les grands maîtres spirituels – de par leur éveil – choisissent et connaissent de leur vivant, le moment et le lieu de leur retour. Ils laissent alors des indications avant leur départ et sauf accident, ils partent en pleine conscience et même souvent en méditant. J’avais cinq ans lorsqu’on m’a reconnue comme Tulku. Ma vie est depuis rythmée par les pratiques de méditation. L’apprentissage des textes sacrés, la connaissance métaphysique … Je pense avec la tête, je décide avec le cœur, je fais avec la main. Si le cœur était seul, je ne pourrais jamais atteindre mon but. Pour donner et recevoir, les mains sont essentielles. Mes mains sont souvent dans l’action : pendant les cérémonies, la droite bouge en tournant le dorje (instrument rituel) et la gauche en faisant tinter la cloche, le reste du temps j’égrène mon mala (chapelet). Mon cœur décide de tout et mes mains obéissent. Je médite avec mon cœur et en soufflant je guéris. Par l’enseignement et l’interprétation des textes, je transmets à mes disciples et les guides sur la voie de l’Eveil.



Maheswori Mahrjan

Tisseuse de natte en paille de riz

Newar


Je passe une semaine pour tresser une natte et celles que je fabrique pour les jours de fêtes mesurent plus de six mètres … Mes doigts ne sont habiles que sur la paille de riz. J’effiloche les tiges séchées au soleil, je les dispose en couches et les entremêle. En entortillant la paille de riz autour de mes doigts je laisse s’envoler mon esprit. Mes mains connaissent par cœur les mystères des nœuds qui rendront les tapis jolis et harmonieux. La couleur ne bougera pas, elle sera celle de la paille de riz, ensoleillée. Nous nous retrouvons souvent entre femmes pour travailler, et pendant que mes doigts tressent, nos langues se délient. Ce sont les rites du tissage.



Tejmaya

Paysanne et brodeuse

Gurung


Près de mon village pousse une sorte de champignon dont on se sert comme plante médicinale et il ressemble à ma main. Tout rond et tout petit. Comme mes mains, joli et drôle. J’ai des « ramro hate » (belles mains)!

Mes mains ressemblent aussi à une fleur de lotus qui auraient enfilé une bague. En fait, elles peuvent prendre plein de formes différentes, gracieuses et harmonieuses, animales et végétales. Dans mon village, nous ne sommes que quatre paires de mains pour nous occuper de 50 enfants. Elles ont une présence qui rassure, qui soigne, qui caresse et qui nourrit. Mes mains cueillent des baies, des champignons, des orties, cultivent du riz dans les vallées et des céréales en altitude. Elles savent travailler durement avec la nature mais elles sont aussi très coquettes. Je brode des fleurs en laine sur les vêtements traditionnels et je dessine au henné dans le creux de ma main. Des gens racontent que si une femme peint un rhododendron au creux de sa paume, (fleur nationale du Népal) son mari aura une longue vie … Mon mari est chasseur de miel. Lorsque je le vois partir avec une échelle et deux perches de bambou, je sais qu’il ne peut compter que sur son équilibre et l’habilité de ses gestes pour escalader les obstacles des parois verticales.


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