à Jean-Hugues





Khamou






Xieng On Sy

Vannier


Mon père est mort lorsque j’avais deux ans. Il n’a pas eu le temps de m’apprendre et de me transmettre tout ce qu’il savait. Mes deux mains ont du se débrouiller seules et apprivoiser la nature. Elles comprennent bien les tiges de bambou que je vais chercher dans la fôret. Dès mon retour au village, je les dédouble en très fines lamelles que je laisse sécher au soleil /…../ Les mains doivent être fortes pour produire des tressages réguliers, sans petits trous. Je mesure rigoureusement chaque espacement avec mes doigts /…../














Madame May

Doyenne et musicienne


/…../ Je ne sais ni lire ni écrire. Mes tatouages, comme ce très vieux bracelet Khamou qui a appartenu à ma mère et à mon arrière grand mère, sont là pour rendre plus beaux mes mains et mes poignets /…../ J’aime la musique que font tous les instruments et mes doigts savent encore trouver les sons et les mélodies. Mais j’écoute aussi celui de l’eau de la rivière, de la pluie sur les toits et du vent dans les arbres. Les génies de la nature. Mes mains apprécient et accompagnent encore ce geste ancestral qui tamise les grains de riz et les sépare de l’ivraie /……/

















Thao Khene 

Jeune pêcheur


J’ai 18 ans et j’aime pêcher au filet dans le grand fleuve. Je suis assez habile de mes mains quand je le lance là, où l’eau est frémissante et pleine de vie. Je ramène beaucoup de petits poissons à ma famille, et tout le village en profite /…../




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Lentene





Khammouan 

Grand chamane


Pour être chamane, il faut être désigné comme moine chamaniste par les six chamanes importants de la région. Parmi les six règne un grand chamane qui dirige la cérémonie et enseigne les rites sans jamais les expliquer /……./ Les mains des chamanes règnent en messagers sur les esprits de la nuit. Au moment de l’initiation, les textes sacrés protègent les mains des éléments néfastes extérieurs. Nous sommes les seuls capables de tenir dans nos mains le métal en fusion sans nous bruler /……/

















Nang Ngim

 Couturière


/……./ Aujourd’hui j’enseigne le filage, le tissage, la broderie, la teinture de l’indigo à Nag Ngim, ma petite fille. Mes mains sont là, mais là bas aussi. Elles sont partout à la fois /……/ Nous sommes l’une des rares tribus à porter tous les jours nos costumes traditionnels /…../ Les femmes se perdent quand elles choisissent de suivre un homme d’une autre minorité. Je sais que les Lentène sont en danger. Cela m’attriste et me fait peur.




















Lao Phan

Petit chamane


/……/ Je suis sourd depuis mon enfance. Puis à 20 ans je suis tombé malade et le grand chamane est venu me soigner. C’est lui qui a déclaré ce jour là, que l’esprit de la nature m’avait désigné pour devenir petit chamane /……./ La fabrication du papier Lentène est très important. Au même titre que mes mains qui le touchent. Dans les lignes droites de mes doigts je retranscris l’écriture des textes sacrés, les traditions, les formules magiques et les recettes médicinales /……./




Lu







Mayko Kéobouaphan

Vanier


De génération en génération mes ancêtres étaient vanniers /…../ Ma spécialité sont ces nasses en bambou, typique des Lu. On les pose dans les rizières, là où l’eau coule fluide et fière. On attrape des petits crabes, des poissons chats, des anguilles et des grenouilles. Le tressage et les lignes de mes paniers sont très réguliers, solides et serrés. Au début mes mains en souffraient. Maintenant elles ont des cales, des crevasses et des bosses, elles ne re sentent plus grand chose et travaillent seules /…../













Phra Khamèn

Moinillon


Traditionnellement dans nos familles, le fils ainé est moinillon /…. / A 5 heures du matin je me lève et je nettoie les parties communes du monastère. Mes mains me rendent plein de services, surtout lorsqu’il s’agit à 6H d’apprendre à lire en suivant chaque mot à l’aide d’une petite tige de bambou. C’est plus facile. Chacun de mes doigts me guident pour écrire les dix préceptes des textes sacrés du Bouddhisme /…../ Le soir on se retrouve au pied de l’arbre de banian pour les prières, là où Bouddha a reçu l’éveil. En signe de respect, chaque jour de l’an, les jeunes moines versent de l’eau sur les mains jointes des anciens.

































couleurs du laos
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