Visages/histoire – Main/savoir


Le nord-ouest de la Thaïlande regorge de tribus montagnardes porteuses d’une culture et d’un savoir-faire ancestral. Encore préservée de la culture mondiale, chaque ethnie possède une richesse linguistique, architecturale, vestimentaire et culinaire.

A l’instar de l’observateur participant, Anne de Vandière est partie étudier et photographier ce panel ethnique. Elle a passé plusieurs semaines auprès des tribus Akha, Hmong, Karen, Lisu et Mien. Les ethnies de cette région ont su préserver leurs langues, leurs coutumes et un style de vie ancestral. Elles sont facilement reconnaissables par leurs vêtements traditionnels. Ces ethnies tissent, colorent et brodent d’une manière bien particulière. Le registre décoratif de ces vêtements fait référence à leurs coutumes et à leurs croyances, le moindre petit détail renvoi à une histoire.


L’ethnie Karen est l’une des plus connues de la région. Elle a souvent fait parlé d’elle à travers les différents conflits qui l’oppose au régime birman. Les Karens vivent entre la Birmanie et la Thaïlande. En Birmanie, ils sont localisés dans la région de Toungoo. Il n’existe pas de chiffre officiel mais on estime qu’il y a près de six millions de membres de cette ethnie dans le pays. En Thaïlande, les Karens sont arrivés par différentes vagues successives. La première migration remonte à plus de trois cents ans. Depuis vingt ans, des vagues incessantes de réfugiés de Birmanie se dirigent vers les camps implantés sur 960 km de frontière du côté de la Thaïlande. Près de 150 000 personnes de différentes tribus résident dans ces camps de réfugiés.


Les Karens vivent dans des maisons sur pilotis, ils sont ainsi protégés de l’humidité et du sol boueux lors de la saison des pluies. Les maisons sont constituées essentiellement de bambous pour le sol et les murs, et de feuilles pour le toit. La maison traditionnelle dispose d’une pièce principale où l’on trouve le foyer pour cuisiner et d’une chambre. Les maisons possèdent généralement une grande véranda sur laquelle la famille peut tisser.



L’écriture originale des Karens est appelée Le-Hsaw-Weh, ce qui signifie « écriture de la poule ». Cette écriture ressemble, en effet, aux traces des poules laissées sur le sol après leur passage. Les lettres d’aujourd’hui proviennent pour la plupart de l’alphabet birman. La langue karen comporte vingt cinq consonnes et neuf voyelles affectées de cinq tons.

Ces tribus travaillent le coton à la main pour confectionner les vêtements de la famille. Les coutures apparentes, les broderies et l’emploi de graines sont les principaux éléments décoratifs. Chez les Karens, certaines couleurs ont une signification : le blanc symbolise la pureté, le rouge la bravoure et le bleu la fidélité. Les jeunes filles portent jusqu’au mariage une longue robe blanche. Les broderies des chemises de femmes peuvent être très variées: lignes, zigzags, losanges, points ou ajout de graines blanches de « larmes-de-Job ». Pour les hommes, les chemises sont agrémentées de lignes verticales. Les sacs d’épaule font également partie de la tenue traditionnelle. Les fils de couture apparents s’ajoutent aux dessins géométriques pour la décoration. Les femmes et les hommes portent aussi des turbans noués sur la tête.

De nombreux membres des ethnies Akha, Hmong, Karen, Lisu et Mien quittent aujourd’hui leur village pour rejoindre les grandes villes de Thaïlande et de Birmanie. Une partie de ceux qui vivent dans les camps de réfugiés sont expatriés en Australie, en Europe et aux Etats-Unis. Ces réfugiés s’adaptent alors progressivement à un nouveau mode de vie. Les aînés vivent encore avec les traditions mais la nouvelle génération risque de perdre une grande partie des coutumes de l’ethnie.


A travers ses photographies, Anne de Vandière a su immortaliser des gestes et toute une pléiade de tissus et d’objets symboliques de ces tribus. Ces visages portent tous une histoire et ces mains un savoir. Des visages ridés, barbus, maquillés… des mains abîmées, tatouées, ornées de bracelets… Un véritable recensement de ces trésors qui deviennent de plus en plus rares. Anne de Vandière contribue à sa manière à préserver ces cultures ancestrales des peuples montagnards de la Thaïlande. De la main à l’art de la main.


Julien Spiewak,

artiste plasticien et ethnolinguiste


Akha












Ajawma Béchékou

Doyenne, travail de l’indigo






























Noeu Bechekou 

Chef de tribu et des cérémonies




























Thao Khene  |  Jeune pêcheur




Flux de photos caché… Cliquer sur une des photos pour afficher la série.   

Hmong noir












Yvan Séma

Tisseur




























Yuanné

Chef des cérémonies et musicien




























Lao Phan | Petit chamane




Karen













Mé Meu

Fileuse de coton




























Paéki

Chamane


























Montha Kéopanya

Coupeuse de tabac


Lisu












Napiama Payawong

Cuisinière traditionelle




























Laoyang Amimo

Doyenne des femmes





























Lao Phan | Petit chamane




Mien













Fayeun Seijaw

Brodeuse




























Menfui Seijaw

Ecolière et brodeuse




























Montha Kéopanya  |  Coupeuse de tabac




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