Breton de Pennar bed



Le paradoxe du finistérien


Voyageurs du monde, l’homme du Penn-ar bed / Début du monde, connaît le déplacement perpétuel à l’instar de son camp de base, la pointe extrême de l’ouest de l’Europe, plongée dans l’atlantique toujours en mouvement.

Les hommes et les femmes de ce pays sont trempés d’un caractère tenace et dynamique. Fiers dans la diversité de leur tribus, ils ont gardé, et encore il y a peu de temps, des signes distinctifs -entre autre vestimentaires- du microcosme celte. Chaque femme du Kerné/Cornouailles portait une coiffe spécifique à sa famille ancestrale. Depuis le milieu du 20ème siècle, la mondialisation galopante a fait disparaître ces signes visuels, mais le fond ténu d’appartenance à sa tribu est toujours vivace.

Paradoxale et merveilleuse, cette attitude a donné aux finistériens une grande curiosité du monde. Le finistérien est à la fois debout sur sa pointe granitique au bout de l’Europe, et citoyen du monde. Peuple du miroir et du duel, voyageur incessant, on se demande si ce qu’il y a de plus beau dans les échanges des peuples n’aurait pas commencé ici, dans le Penn-ar bed.

Darlc’h mad, autrement dit « lâche rien ou accroche toi bien ».

Dans le projet Tribus du Monde, les celtes de Penn-ar bed ont toute leur place. Les savoir-faire de ce peuple ne disparaissent pas mais plutôt mutent. Le Finistère regorge d’initiatives reposant sur la pierre de la recherche permanente. La posture de ces hommes et de ces femmes est de toujours avancer. Un exemple parmi tant d’autres dans la quête du toujours mieux : le travail d’éléments complexes de structure de bois conduit aujourd’hui à la maîtrise de la fibre de carbone, ce qui n’empêche aucunement le mélange des deux.

Le postulat n’a pas changé !

Il est courant encore aujourd’hui, sur les marchés, sur le port ou dans les commerces, que le français parlé ici mélange mots bretons et inversions dans la construction de la phrase.




Cela donne parfois des ambigüités cocasses de langage, mais qui veulent bien dire ce qu’elles veulent dire. -« J’ai vu le bateau de votre mari entrer par la fenêtre ».

La langue et ses divers accents qui peuvent changer à quelques kilomètres de distance a beau s’étioler et s’aplanir, il n’est pas rare de lire et d’entendre sur la route ce drôle de parler.

Tout de suite et demain, ce n’est pas la mondialisation qui doit gommer les savoir-faire mais les savoir-faire qui doivent se nourrir des diversités du monde, pour le meilleur de l’humanité.

La lumière de cette tribu n’est pas qu’une longueur d’onde, c’est aussi une longueur d’âme. Il est étonnant de constater qu’ici ciel, mer et terre se conjuguent comme un triptyque indissociable.

« La petite Anne ». Ce pourrait être le nom d’un bateau qui bourlingue sur toutes les mers du monde et fait sans cesse escale au cœur des peuples oubliés. Le patron à bord c’est Anne, et son équipage peut changer car sa quête a besoin de spécialistes du lieu. Tous ces connaisseurs vont la conduire au plus près des peuples qu’elle veut rencontrer. Sa recherche insatiable est de collecter les esprits de la main en cherchant le sens profond d’un être qui lui « raconte » ses mains. Etonnante façon d’aborder une rencontre qui au contraire de perturber le dialogue, l’ouvre et rapproche encore plus fort les deux êtres qu’il y a peu ne s’étaient jamais vus.

Parler de ses mains c’est comme dire des choses de quelqu’un d’autre, qui n’est pourtant que miroir de soi. Beaucoup de savoir-faire sont déjà entrés dans les cales du navire. Cargaison précieuse d’images, confidences de peuples fragiles qui, de retour au port, vont naître sous forme de triptyques. Anne est passeuse d’un geste tellement humain, entre hier et demain. Pour cette halte en Finistère Penn-ar bed, je suis son humble guide.


Yann Kersalé,

artiste plasticien et président de l’association Tribus du Monde
















   Thomas Berriet

   Sonneur et militaire

































   Pierre Le Stum

   Matelotage






























   Jean-Yves Larour

   Charpentier marine




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Yann Quillivic

Soigneur plongeur à Océanopolis
































Christian Mézou 

Patron de palangrier






























Eugène Floch  – Trapalof 

Patron de la grande pêche – Commandant de Terre Neuva




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