Bornéo – Etat de Sabah






film : sur la vague des badjos pas marine sans et clara cuzin



Sur la Vague du peuple Badjo


Etat de Sabah, au nord de Bornéo : La Terre sous le Vent.
Entre les mers de Chine et de Sulu, Anne de Vandière part à la rencontre des Badjos, peuple nomade et derniers gitans de la mer, au cœur de l’archipel Indonésien Malais et Philippin.

L’ethnologue François Robert-Zacot*, tient d’un vieil homme l’histoire d’ « une grande vague, immense, un tsunami … Et de Badjos restant 7 jours et 7 nuits dans l’eau, sans boire ni manger.

Leur mode de vie commença et l’exode aussi.
Aujourd’hui certains Badjos vivent encore dans leur habitat originel, la pirogue, et d’autres dans de petits villages sur l’eau.
Mais quoiqu’il arrive, ils restent en symbiose avec la mer.
L’expérience du tsunami aurait façonné leur vision du monde, les distinguant comme « peuple de la mer ».
Peuple en sursis comme tant d’autres.

En mer, chaque jour, Ils sont une douzaine d’hommes par pirogue, avec un skippeur et un chef de pêche. Des jeunes hommes habillés tout en noir, enturbannés et cagoulés tels des guerriers, arpentent d’étendues d’eau turquoise pour jeter des filets, remonter des poids immergés, accrocher des Nipah Palma, longues feuilles cueillies dans la mangrove et qui vont servir de leurres aux Tenenun, petits poissons argentés, qui assureront le quotidien de leurs familles.

Le plongeur Badjo est téméraire. Après avoir posé son oreille sur le fond de la pirogue pour « écouter » et localiser les poissons, il peut facilement descendre à des 12 mètres, parfois 20 mètres pour certains, en apnée avec une connaissance des fonds exceptionnelle.

Aujourd’hui encore, leur technique est toujours copiée, jamais égalée. Ils ne communiquent qu’avec des gestes très précis, des signes de la main.

La technique des Badjos est commune dans le lien traditionnel et la main en mer est essentielle, surtout celle de Bapa Masrin, chef de pêche. Il ne s’exprime que par geste et chacun doit les comprendre, interpréter et exécuter.



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De vieux Badjos affirment qu’autrefois notre peuple pouvait marcher au fond de la mer ».

Chez les Badjos Laut, on raconte que quand une mère met au monde son bébé, le chamane prend l’enfant et le jette tout de suite à la mer. Le bébé reste dans l’eau au moins cinq minutes. Si il supporte l’initiation et reste en vie, c’est un vrai Badjo, digne de vivre sur la mer et d’être un bon pêcheur. Le placenta représente l’ainé de l’enfant nouveau né, son jumeau. Il est supposé vivre sa vie au fond de l’océan. Une marque supplémentaire de ce lien qui les unit au monde du silence.

Vivre libre sur l’eau a un prix. Certains choisissent alors la terre ferme. Les appels à de la sédentarisation sont nombreux et il est dit, à Sabah, que la tribu des Dusun aurait donné certains Badjos les clés pour cultiver la terre. Les Badjos de la terre décorent leurs chevaux comme les Badjos de la mer décorent leur bateau.

* « Peuple nomade de la mer » François-Robert Zacot – Pocket Terre Humaine

Rungus


Les Rungus, ethnie de la jungle, vivent dans les montagnes et à flan de collines, assez loin de la mer. Par précaution sans doute, pour se protéger des catastrophes naturelles comme les moussons, les ouragans. Ils sont proches dans leurs traditions des anciens coupeurs de tête Murut, mais plus amicaux ! Leurs mains sont riches de savoir faire ancestraux et ils en sont fiers.


Aujourd’hui, les Rungus de Bavangazzo sont décontenancés. Aucun de leurs jeunes ne veut être initié au chamanisme pour devenir chamane. Un bon nombre d’entres eux possèdent les enseignements de base, mais craignent d’être considérés comme « différents » par les autres.


Bobohizan, le chamane du village a 88 ans. Il parle aux esprits et possède une connaissance de transmission ancestrale des plantes de la jungle. Que va devenir ce savoir que lui seul possède ?
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