Les mains y effleurent les nuages

et les cœurs y demeurent…














Ancré entre les deux chaines de montagnes les plus hautes du monde, celle de l’Himalaya au sud et celle du Karakoram au nord, le Ladakh minéral, cicatrices de couleurs et de roches, témoignent de l’existence d’océans abyssales à jamais disparus. L’Indus qui a déjà parcouru 500 km depuis sa source au Tibet le divise en deux comme une déchirure.

En partant de Ley, nous avons longé ses flots capricieux vers l’ouest jusqu’à la vallée de Dha-Hanu, à quelques encablures du Pakistan, à la rencontre de la tribu des Brogpa (habitants des montagnes).


Ces hommes et ces femmes « fleurs », Arya aux yeux clairs, appartiennent à la communauté Darde bouddhiste. La vérité sur leurs origines reste encore assez floue. Ils ont longtemps vécus à l’écart des grandes voies caravanières, essaimant leurs villages de part et d’autres de la route de la soie. Proches de leurs coutumes traditionnelles, les femmes sont habillées d’une peau de chèvre retournée portée en cape, ainsi que d’un couvre chef éblouissant, le Kho, orné de cauris, de perles, de pièces de monnaies, de fleurs et d’une multitude de symboles destinés à chasser le mauvais œil.





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En retraversant le pays d’ouest en est, nous sommes montés vers les hauts sommets à quelques kilomètres de la frontière chinoise tibétaine à la découverte du peuple Changpa, ces nomades des Hauts plateaux.


A chaque passage de col, des bouquets de mantras accrochés aux stupas, porte-bonheur tibétains, emportent sous le vent toutes les prières qu’ils contiennent. Bouddhistes pratiquants, éleveurs de chèvres et de yaks, ils transhument tous les étés, du lac Tsomoriri vers les hautes vallées à la recherche des meilleurs pâturages. Ces hommes aux semelles de vent tirent leurs maigres revenus des chèvres avec le pashmina qui sera tissé par les cachemiris. Une rudesse de vie en altitude des paysages lunaires et sublimes battus par les grands vents, qu’on a du mal à imaginer sous les morsures de l’hiver. De plateau en plateau ils cherchent le meilleur fourrage alors qu’à mesure qu’ils montent, la vie qui leur est donnée par l’eau leur est doucement retirée par l’air.


Nous avons bivouaqué près d’un camp de bergers nomades à 4000 mètres, d’autres ont été vus à 5000. Nous partagions la terre avec les poneys et les ânes sauvages, les aigles, les marmottes et les grues à cou noir. L’hospitalité bienveillante des nomades et leur sagesse à donner du temps au Temps nous ont offert de précieux moments d’échanges emprunts de curiosité, de rires et de sérénité autour d’un thé au beurre salé et d’un morceau de tsampa. Sous leurs rebhos (tentes en parachute) l’organisation est simple et chaleureuse. A gauche la cuisine, à droite une petite estrade recouverte de tapis en poils de yak, qui tient lieu à la fois de salon et de chambre à coucher et au fond, l’hôtel bouddhiste où reposent leurs d’offrandes.


Moments de grâce inoubliables suspendus au toit du monde.



Lors de notre passage à Ley, juin 2014, Sa Sainteté Tenzin Gyatso, le 14ème Dalai Lama donnait les enseignements du Kalachakra pour la 33ème fois. Evènement majeur du calendrier bouddhiste, le Kalachakra est « le Roi des Tantras ».

Le terme de Kalachakra signifie « Cycle du Temps », et n’a ni début ni fin. Il est également le nom de la déité représentant un bouddha et son omniscience, le dieu le plus puissant du panthéon du bouddhisme tibétain. 


Tout est sous l’influence du temps, et lui-même est le temps.

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